mercredi 26 novembre 2014

la détresse Ψ entre les professionnels de la santé

 Ce matin, j'ai lu l'histoire d'Émilie sur Presse +. 

Ressentir un peu d'anxiété dans certaines occasions est normal, physiologique et même quelque chose de prévu. Mais, il ne faut pas ignorer la composante **santé mentale** des professionnels de la santé (le texte parle des étudiants en médecine, mais je vois le problème beaucoup plus large, du PAB au DG).

C'est en vérité une constatation étrange = nous nous préparons à aider les autres, à **sauver des vies**, à rétablir les conditions optimales ou à optimiser les conditions actuelles, mais nous mettons notre propre santé mentale en deuxième plan et parler de cela est un vrai tabou.

En analysant rétrospectivement, j'ai vécu un moment de stress très fort pendant le stage et probablement ma santé mentale était affectée. Je pleurais sans raison, j'avais la fameuse boule de larmes qui n'attendent qu'à être expulsées. Mais, personne ne le savais. Ah, le secret, la honte. 

Dans notre société, le stress au travail est présent un peu partout, bien sûr. De la caissière du dépanneur du coin à l'enseignante au primaire, du pompier au CEO ... Mais il ne faut pas ignorer que les exigences liées au travail dans le domaine de la santé sont enormes. Nous travaillons avec la vie et la morte, nous côtoyons les gens dans les moments les plus difficiles dans leurs vies. C'est connu : en plus des conséquences sur la personne, les problèmes de santé mentale ont un impact sur la famille et également sur l'organisation.


Pour les infirmières, j'ai trouvé quelques statistiques assez troublantes = ( source = Santé des infirmières  )



  • Près de la moitié (48 %) des infirmières qui ont dispensé des soins directs ont déclaré qu'elles avaient déjà été blessées par une aiguille ou un autre objet acéré (p. ex. des ciseaux, un scalpel, un rasoir) contaminé qui avait été utilisé sur un patient ....
  • Plus du quart (29 %) des infirmières qui dispensent des soins directs ont déclaré avoir été agressées physiquement par un patient au cours de l'année précédente .....
  • Plus de la moitié (54 %) des infirmières ont déclaré qu'elles arrivaient souvent tôt au travail ou qu'elles restaient tard afin d'accomplir leurs tâches; 62 % ont déclaré qu'elles travaillaient pendant leurs pauses ...

Quand on se pique avec une aiguille, c'est un stress terrible. Quand on se fait traiter de *méchante garde*, aussi. Et quand on ne mange pas parce qu'on doit finir nos notes ou refaire un pansement, idem.

Ce n'est pas un cadeau, la vie d'un professionnel de la santé ....

Quel paradoxe!

Pour se maintenir debout, pour **toffer**, quelques personnes iront chercher de l'aide. Quelques-unes trouveront de l'aide dans la drogue. Qu'elle soit licite ou illicite ... 

Une autre donnée troublante : le TIERS des plaintes disciplinaires soumises à l'OIIQ se rapportent à l'appropriation de narcotiques et de médicaments! Nous avons donc des infirmières (et autres professionnels de la santé aussi) qui vont travailler **gelées**. Sont-elles débordées ? Déprimées ? Épuisées ? Toutes les alternatives antérieures, peut-être! La vie n'est pas si belle quand on a un problème de santé mentale et on ne peux pas en parler ...

Un récit intéressant peut être lu ici = santé mentale et infirmières

Dans un monde idéale, nous serions capables de nous aider, comme nous essayons d'aider les autres.

Bref, dans mon cas à moi, j'était au bord de l'épuisement et c'est clair !! Aujourd'hui je me sens bien, merci. Je reconnais mes points (+), mes faiblesses et je sais à quoi je dois m'attendre pour ma reprise de stage. OUFF! 

SVP, professionnels de la santé = parlons de **NOTRE** santé mentale !! Le sujet doit être combattu sans tabou.


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